Les soft skills dans l’éducation: pourquoi former les enfants aux compétences psychosociales?

Développer les CPS des enfants est une nécessité et il faut qu’on s’y mette tous. On vous dit pourquoi.

En août 2022, le gouvernement a lancé  la « stratégie nationale multisectorielle de développement des compétences psychosociales chez les enfants et les jeunes 2022-2037 ». L’objectif affiché : « que la génération 2037 grandisse dans un
environnement de développement continu des compétences psychosociales ».

Cette annonce révolutionnaire est passée presque inaperçue (en dehors des milieux éducatifs ou de santé publique déjà investis sur le sujet). Le cap est fixé mais il est important d’expliquer à tous de quoi on parle et pourquoi ces objectifs ont été fixés.

Parce que ça marche !

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) définit les CPS comme « un groupe de compétences psychosociales et interpersonnelles qui aident les personnes à prendre des décisions éclairées, à résoudre des problèmes, à penser de façon critique et créative, à communiquer de façon efficace, à construire des relations saines, à rentrer en empathie avec les autres, à faire face aux difficultés et à gérer leur vie de manière saine et productive » (OMS 2003).

Ces 50 dernières années, la recherche et les expériences au niveau international ont montré qu’il est possible de développer les CPS à travers des interventions structurés selon certains critères et que ces cycles d’ateliers ont de nombreux effets positifs.

Voici une précieuse synthèse réalisés par l’association Ecolhuma :

« 👉Les programmes d’apprentissage social et émotionnel en milieu scolaire produisent des effets positifs significatifs sur les compétences ciblées socio-affectives, la confiance en soi, les attitudes vis-à-vis de soi-même, des autres et de l’école (Durlak et al., 2011; Weare et Nind, 2011; Adi et al., 2007).

👉Le développement des compétences psychosociales chez les élèves entraîne une amélioration de leurs résultats scolaires et globalement une amélioration significative de l’engagement des élèves à l’école (Durlak et al., 2011).

👉Il existe une forte augmentation des comportements prosociaux des élèves ayant suivi une formation sur les compétences psychosociales (Durlak et al., 2011).

👉Suite à des formations sur les CPS les élèves montrent une diminution significative des problèmes de conduite (soit des comportements perturbateurs, de l’harcèlement, des actes de délinquance…) (Weare et Nind, 2011; Durlak et al., 2011; Adi et al, 2007).

👉L’enseignement des CPS a un impact positif sur la santé mentale et le bien-être, il permet de réduire la détresse émotionnelle chez les élèves, y compris le stress et la dépression.

👉L’apprentissage des CPS permet en outre de développer des outils pour se démarquer sur le marché du travail. « 

Parce qu'il est temps que la France s'y mette!

A chaque enquête PISA de l’OCDE, on constate que le retard de la France par rapport à d’autres pays en matière de compétences psychosociales est énorme.

Selon la dernière enquête PISA montre, la France est nettement dans les derniers rangs pour les soft skills des élèves :
• Confiance en ses capacités : 62ème sur 65
• Anxiété : 62ème sur 65
• Ouverture à la résolution des problèmes : 53ème sur 65
• Collaboration : 49ème sur 60

Les programmes CPS probants se sont développés dans les pays anglo-saxons dans les années 1970. Il s’agit cycle(s) d’ateliers psycho-éducatifs en groupe. Par l’expérience, les enfants sont amenés à renforcer leurs propres compétences sociales, cognitives et émotionnelles grâce à des mises en situation et des activités pratiques.

Il faut que les résultats des programmes aient été scientifiquement validés ou bien qu’ils s’appuient sur les données probantes (comme c’est le cas ne nos interventions Compétences du 21ème siècle).

On a besoin de chacun

Il ne suffit pas d’un atelier en groupe ni même d’un cycle de quelques ateliers pour développer les CPS.

D’abord parce que les CPS sont nombreuses et interdépendantes. Par exemple, il sera difficile de travailler sur la capacité d’un enfant à s’affirmer en public s’il n’a pas auparavant musclé une compétence socle : la confiance en soi. Il sera de même impossible de chercher à développer l’empathie si l’enfant n’a pas auparavant appris à décoder ses propres émotions.

On parle aujourd’hui de plus en plus de développement des CPS à l’école et nous nous en réjouissons. Mais l’apprentissage des CPS ne doit pas s’arrêter à la porte de la classe. La récréation, la pause méridienne, les temps de garderie et d’études sont aussi des moments essentiels pour le développement du savoir-être. Il est donc urgent d’associer tout le personnel périscolaire, les centres de loisirs, les atsem pour qu’ils accompagnent également ces objectifs éducatifs en matière de soft skills.

L’ axe 1 de l’instruction gouvernemental l’a bien prévu en « confiant aux territoires l’animation et la coordination du déploiement des interventions de développement des CPS ».

 

Former les adultes aussi...

Pour les enseignants ou les encadrants, la conduite d’interventions CPS efficaces ne s’improvise pas car elle nécessite d’adopter une posture spécifique et de préparer un contenu structuré.

L’intervenant CPS n’a pas le rôle de « sachant » qui transmettrait un savoir comme souvent l’enseignant, il n’a pas non plus le rôle est d’un animateur qui conduirait un jeu. Sa posture doit être celle d’un facilitateur ou d’un accompagnateur du processus ( les coachs parleraient de « posture basse »). Ses attitudes éducatives doivent être positives et valorisantes.

Les études confirment pour la plupart, l’importance d’adopter une approche globale à travers des programmes impliquant aussi bien les enseignants que les élèves. (Weare et Nind, 2011)

En appui sur ces constats, Compétences du 21ème propose aujourd’hui aux écoles, centre de loisirs et collectivités territoriales des programmes sur mesure pour développer les CPS des enfants et former leurs éducateurs. En savoir +>>

 

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