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Des éclairages sur les compétences comportementales, des avis, des actus.

Infographie : aux États-Unis, l'emploi des 22-25 ans recule de 3,8 % sur un an dans les métiers les plus exposés à l'IA et progresse de 2 % dans les moins exposés ; en France, l'emploi des 15-29 ans recule de 7,4 % dans les activités informatiques, 5,8 % dans l'édition et 3,7 % dans le conseil en gestion.
Caroline Prat

IA et emplois juniors : qui formera vos seniors en 2032 ?

Aux États-Unis, l’emploi des 22-25 ans recule de 3,8 % par an dans les métiers les plus exposés à l’IA. Au même âge, dans les métiers les moins exposés, il progresse de 2 %. En France, il a chuté de 7,4 % en un an dans les activités informatiques. Le choc se concentre sur les emplois juniors, et il passe sous le radar de presque tous les indicateurs RH. Reste une question que peu de comités de direction acceptent de poser : d’où sortiront vos seniors de 2032 ? Sommaire Le premier barreau de l’échelle se dérobe En France aussi, l’ajustement porte sur les moins de 30 ans Pourquoi l’IA atteint d’abord les tâches de début de carrière Un ralentissement des embauches plus qu’une vague de départs Ce que ces chiffres ne prouvent pas encore Le calcul d’AWS sur ses recrutements juniors Un effet inégal selon les métiers occupés Reconstruire un chemin d’apprentissage quand l’IA absorbe les tâches d’entrée Le premier barreau de l’échelle se dérobe Aux États-Unis, la ligne de fracture du marché du travail passe désormais par l’âge. Chez les 22-25 ans, l’emploi dans les professions les plus exposées à l’IA se contracte de 3,8 % par an, quand il croît de 2 % par an dans les professions les moins exposées. Tous âges confondus, la même donnée ne montre presque rien. Ces chiffres viennent du Canaries Dashboard, un tableau de bord public tenu par le Stanford Digital Economy Lab avec ADP Research, branche économique du principal gestionnaire de paie américain [1]. Il s’appuie sur les paies de 25 000 entreprises, soit 4,6 millions de salariés dans plus de 730 métiers, jusqu’à avril 2026. Dernière mise à jour : 22 juillet 2026. C’est l’écart entre les deux lectures qui doit vous intéresser. Tous salariés confondus, les métiers les plus exposés à l’IA ont reculé de 0,2 % sur un an à avril 2026, contre une croissance de 0,1 % pour les moins exposés. Autant dire rien. Découpez la même base par étape de carrière, et l’image change complètement : les 31-34 ans reculent de 1,7 % sur un an, les 35-40 ans progressent de 2 %. Nela Richardson, cheffe économiste d’ADP, résumait ce contraste le 16 juin 2026 : à l’échelle agrégée, l’effet de l’IA sur l’emploi reste modeste, mais mesuré par étape de carrière, « des différences spectaculaires apparaissent » [5]. Conclusion pratique pour une DRH : votre suivi d’effectifs global ne verra jamais passer le phénomène. En France aussi, l’ajustement porte sur les moins de 30 ans Le phénomène dépasse les États-Unis. En France, au quatrième trimestre 2025, l’emploi salarié des 15-29 ans hors alternants a reculé sur un an de 7,4 % dans les activités informatiques, de 5,8 % dans l’édition et de 3,7 % dans le conseil en gestion. Sur la même période, l’ensemble du secteur marchand non agricole reculait de 0,7 %. Ces données proviennent d’un éclairage de la Note de conjoncture de l’Insee publié le 24 mars 2026, signé Raphaële Adjerad et Gaston Vermersch [3]. L’institut y examine les secteurs que la littérature identifie comme les plus exposés à l’IA, en isolant les tranches d’âge. Le résultat est sans ambiguïté : entre fin 2023 et fin 2025, l’emploi du secteur information-communication a baissé de 3,0 %, une baisse portée entièrement par les 15-29 ans hors alternants, qui y contribuent pour 3,8 points négatifs, quand les 30-54 ans contribuent pour 1,4 point positif. Le contexte sectoriel explique pourquoi ces branches sortent en premier. Toujours selon l’Insee, 42 % des entreprises françaises de l’information-communication utilisaient l’IA en 2024, contre 10 % des entreprises françaises toutes activités confondues, et 49 % contre 13 % à l’échelle de l’Union européenne. Ces secteurs fonctionnent comme un poste d’observation. Ils montrent avec quelques années d’avance ce que les autres branches connaîtront à mesure que l’IA s’y installe. Si votre organisation n’est pas concernée cette année, la bonne question devient : dans combien de temps ? Pourquoi l’IA atteint d’abord les tâches de début de carrière Le mécanisme n’a rien de mystérieux. L’IA absorbe des tâches avant d’absorber des métiers, et les premières tâches qu’elle atteint sont celles qui ne demandent pas d’expérience : rechercher, résumer, mettre en forme, saisir, produire une première version. Ce sont exactement celles qu’on confie à quelqu’un qui débute. Les travaux universitaires convergent. L’Insee cite une étude de Saeid Hosseini et Guy Lichtinger (Harvard, 2025) qui parle de « changement technologique biaisé par l’ancienneté » : à partir de CV et d’offres d’emploi entre 2015 et 2025, ils observent que dans les entreprises adoptant l’IA, l’emploi des jeunes se contracte nettement tandis que celui des profils expérimentés reste stable ou progresse [3]. L’IA se révèle substituable aux tâches de début de carrière et complémentaire aux travaux plus expérimentés. La raison tient à ce qui protège un profil senior. Un salarié expérimenté a accumulé des savoirs difficiles à coder : la connaissance des clients, le sens de ce qui passera ou non en comité, la capacité à repérer qu’un résultat est plausible mais faux. Un débutant n’a pas encore ce capital. Sa valeur, dans les premiers mois, tenait largement à sa capacité d’exécution, c’est-à-dire précisément la couche que l’IA reproduit aujourd’hui. Le Canaries Dashboard ajoute une nuance qui mérite l’attention : le recul se concentre sur les métiers où l’IA sert à automatiser des tâches, et pas sur ceux où elle augmente le travail humain [1]. La façon dont vous déployez l’outil pèse donc autant que la décision de le déployer. Un ralentissement des embauches plus qu’une vague de départs Aucune de ces études ne décrit des licenciements massifs. L’ajustement passe par les entrées : les entreprises n’ouvrent plus les postes de début de carrière, ou les ouvrent en exigeant un niveau qu’un débutant ne peut pas avoir. Les effectifs baissent par non-remplacement, pas par départs contraints. L’Insee est explicite : l’ajustement de l’emploi lié à l’IA « se concrétise d’abord par un ralentissement des entrées et des recrutements sur les positions de début

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Caroline Prat

Votre organisation est-elle apprenante?

Dans un monde où les compétences deviennent vite obsolètes, une chose distingue les entreprises ou organisations résilientes : leur capacité à apprendre en continu. C’est tout l’enjeu de l’organisation apprenante, un modèle stratégique popularisé par Peter Senge. Dans l’organisation apprenante, l’apprentissage n’est pas un bonus. Il est intégré à tous les niveaux, au cœur même de la culture d’entreprise. Ce type d’organisation repose sur 5 disciplines clés : Ces piliers permettent de développer l’intelligence collective, l’alignement et la performance durable — bien au-delà des résultats à court terme. 🎯 Des entreprises comme Danone avec son programme One learning a day ou Toyota avec sa culture de l’amélioration continue montrent que c’est possible. Mais ce changement n’est pas simple : il demande de repenser les pratiques managériales, de casser les silos, d’instaurer des rituels d’apprentissage quotidiens. Les liens entre soft skills et organisation apprenante sont étroits et complémentaires : les soft skills sont à la fois des leviers, des conditions et des résultats du fonctionnement d’une organisation apprenante. L’enjeu est clair : transformer la formation en un processus vivant, fluide, collectif. 👉 Alors, posez-vous la question : Votre entreprise, votre collectivité, votre établissement… peuvent-ils réellement être qualifiés d’organisations apprenantes ?

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Caroline Prat

Développer les compétences psychosociales dès l’enfance

Avoir des enfants et des jeunes bien dans leurs têtes, bien dans leurs relations, bien dans leur vie. On en rêve tous🙂 Il y a quelques années, j’ai découvert que ce rêve pouvait devenir réalité si on développait les compétences psychosociales dès l’enfance et partout: à l’école, dans les loisirs, en famille. Depuis, je plaide pour le développement de ces compétences à travers la diffusion @la fresque des soft skills. Merci à Hélène Mulot pour cette belle interview.  Ecouter le podcast: https://open.spotify.com/episode/7ijuXohI4pB4ImIakCq7HX?si=76dd3c0e3e7a4e49

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Caroline Prat

Qu’est-ce qu’une Forest School?

Et si on reconnectait nos enfants à la nature ? C’est l’idée des forest schools de plus en plus en vogue auprès des parents, particulièrement depuis le confinement. D’où vient cet engouement pour les « Forest Schools » ? Que ce sont ces Forest Schools en France concrètement et à quels enfants s’adressent-elles ? Quels sont les principes de cette Pédagogie Par la Nature? Les Forest Schools dans le monde Le concept de Forest Schools est plébiscité depuis le début du 20ème siècle en Europe du Nord. Il faisait partie des tenants de l’Education Nouvelle, un mouvement alternatif qui militait pour un enseignement plus en phase avec la nature. Il existe aujourd’hui plus de 3000 Forest Schools en Europe, dont 2000 en Allemagne. Au départ, les Forest School se sont beaucoup développées au Danemark et en Allemagne, d’abord pour les élèves de maternelle et de primaire, puis pour les élèves du secondaire à partir de la deuxième moitié du 20ème siècle. Le Danemark ou la Finlande ont ensuite transformé le contenu et la structure de leurs programmes pour les adapter à certaines pratiques des Forest Schools. Elles sont aujourd’hui intégrées dans tout le système public de ces pays.  Les Forest Schools en France aujourd’hui En France, il n’existe aujourd’hui une quarantaine de Forest Schools, toutes privées, de niveau maternel ou primaire. Le phénomène reste donc marginal. Dans notre pays, où la très grande majorité de la population est urbaine, le modèle est difficilement transposable tel quel dans l’enseignement public.  Développer les liens entre l’école et la nature est en revanche possible. L’idée d’une éducation plus en contact avec la nature est ainsi en train de faire son chemin, favorisée par l’expérience du confinement. Qu’est-ce qu’une Forest School concrètement? Développer une « Forest School » ne veut pas nécessairement dire implanter une école à plein temps en forêt. La Forest School peut prendre différentes formes, notamment celle d’une école (maternelle ou primaire) au sens propre du terme, mais aussi d’un lieu accessible ponctuellement.  Il s’agit aussi de s’adapter à l’environnement. En Scandinavie, Allemagne, Grande-Bretagne ou en Espagne, il existe ainsi des écoles en bord de mer et en montagne. En zone urbaine, on peut se contenter d’un parc. La Forest School peut prendre différentes formes, notamment celle d’une école (maternelle ou primaire) au sens propre du terme, mais aussi d’un lieu accessible ponctuellement.  Dans tous les cas, des activités sont pratiquées en extérieur plusieurs fois par semaine. Les Forest Schools mettent en avant certaines pratiques comme l’observation, l’expérimentation et l’autonomie. Les enfants deviennent acteurs de leur apprentissage. Les Forest Schools reposent aussi sur une gestion différente du risque. En extérieur, on apprend aux enfants à se servir d’outils, à gérer le risque et à développer l’entraide.  Nos Forest Schools Compétences du 21ème sont implantés dans certaines forêts de région parisienne pendant les vacances scolaires. Nous choisissons pour ces  Forest schools des emplacements dans des vrais forêts disposant de paysages variés ( sous-bois denses en bois mort, clairières, sentiers forestiers etc) permettant de nombreuses activités ludiques : construction de cabanes et bricolages avec les branchages, jeux de pistes etc. A qui s’adressent les Forest Schools? Selon les cas, les Forest Schools sont ouvertes à différents types de public : • Pour les enfants des écoles accompagnés par leurs enseignants de façon régulière ou ponctuelle.• Pour les centres aérés sur les temps hors scolaires• Pour les enfants non scolarisés accompagnés d’un parent pour une journée par semaine ou un temps défini• Pour les élèves en difficulté (phobie scolaire, de troubles du comportement ou de difficultés d’apprentissage) on parle alors de remédiation scolaire. L’ élève peut y être accueilli durant le temps scolaire pour se reconstruire, gagner en confiance et renouer avec une scolarité dans un cadre ouvert. Nos Forest Schools Compétences du 21ème siècle sont bien sûr ouvertes à tous les enfants. Nous avons pu constaté que l’espace disponible et les nombreuses activités possibles en faisaient un cadre particulièrement propices pour les enfants débordant d’énergie, hyperactifs ou souffrant d’un trouble de l’attention. Quels sont les bienfaits des Forest Schools? Les vertus des apprentissages au grand air ont été validées par diverses études qui montrent l’impact positif des Forest Schools en terme de : santé physique (capacités motrices, solidité osseuse, force musculaire, réduction de l’obésité) santé mentale (réduction du stress, développement de l’estime de soi), compétences académiques ( selon des études britanniques, amélioration des résultats en écriture, lecture et mathématiques) compétences transversales (concentration, créativité, résolution de problèmes, autonomisation et persévérance) Les enfants des Forest Schools sont incités à vivre dans le moment présent. Ils y construisent leur capacité de résilience, prennent confiance en eux, apprennent à se respecter, à respecter les autres et à respecter la nature. Ils y travaillent en coopération, à élaborer des solutions inventives tout en apprenant à persévérer pour atteindre leur but. Le tout en ayant la liberté de s’écouter et d’être eux-mêmes. C’est sur ce développement des compétences psychosociales ou « soft skills » que nous mettons l’accent dans nos Forest Schools Compétences du 21ème siècle. A chaque stage pendant les vacances scolaires, nous ciblons en particulier une compétence ( confiance en soi, communication positive, habiletés sociales etc) que nous nous attachons à développer à travers des activités expériencielles et des jeux. La Pédagogie Par la Nature (PPN) Selon le Réseau Français de Pédagogie par la Nature, on appelle Pédagogie par la Nature un « processus qui promeut le développement holistique de ses participants au travers d’activités régulières de découverte dans un environnement naturel, si possible boisé ». La Pédagogie Par la nature repose sur différents principes clairement définis. Les enfants sont invités à explorer à leur rythme l’environnement naturel, à apprendre à s’en occuper, et développent leur relation à la nature ainsi qu’aux autres. Ils apprennent à se servir d’outils, à sculpter le bois vert, à cuisiner, à cueillir les plantes comestibles, construire des cabanes, repérer et interpréter les traces d’animaux, partagent des moments de jeux collectifs ou individuels, utilisent les éléments de la nature dans des projets créatifs etc. Les enfants sont libres de se tromper, de prendre des risques (modérés), de trouver des solutions par eux-mêmes, de créer, d’essayer. Le jeu

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Caroline Prat

S.A.F.E: les critères d’efficacité d’une intervention CPS ( atelier sur les compétences psychosociales).

Selon la dernière étude de l’association Ecolhuma, les enseignants sont 77% à considérer les CPS ( Compétences Psycho-Sociales ou « soft skills ») comme une de leur mission principale.  Ils sont cependant seulement 10% à avoir déjà mis en place dans leur classe « des interventions structurées » visant spécifiquement à développer ces CPS. Mais qu’est-ce qu’une « intervention structurée visant à développer les CPS » ? Selon la recherche (1), pour développer les soft skills efficacement, l’intervention auprès des jeunes doit avoir 4 caractéristiques qu’on peut résumer par l’acronyme S.A.F.E: 1° S = Sequenced On ne peut pas prétendre développer tous les soft skills à la fois d’un coup de baguette magique. Il faut structurer et séquencer les interventions par type de compétence visée en organisant des séries d’activités connectées qui permettent petit à petit de développer ces compétences. 2° A= Active La pédagogie doit être active, l’apprenant doit apprendre par l’expérience, les interactions, l’observation. Cela prend souvent la forme de partage d’expériences, de mises en situation ou de jeux de rôle. 3° F= Focused Il doit y avoir un temps dédié au seul développement des CPS, à l’exclusion de tout autre but. 4°  E= Explicit Il ne suffit pas de cibler pédagogiquement une compétence, il est important que les participants sachent ce qu’ils sont censés apprendre. Les critères SAFE pour Compétences du 21ème siècle Pour viser le maximum d’efficacité dans nos interventions en périscolaire ou extrascolaire, Compétences du 21ème siècle s’efforce de respecter ce cahier des charges en 4 lettres. Le faire progressivement rentrer dans le système scolaire, périscolaire et extra-scolaire est encore un sacré défi mais on ne peut que se réjouir de l’intérêt que le monde enseignant notamment porte aujourd’hui au développement des soft skills des enfants. (1)Développement des compétences psychosociales des enfants et des jeunes : un référentiel pour favoriser un déploiement national, 2021/12/14-15  Auteur : Lamboy Béatrice, Année de publication : 2021  

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